Impacts économiques et territoriaux des pôles de compétitivité selon les territoires

GATE - LSE - ECULLY - 2016

La politique des pôles de compétitivité lancée en 2005 s’inscrit dans un mouvement globalisé de promotion des dynamiques de cluster. Les pôles de compétitivité, comme tout type de cluster, renvoient à l’idée que des regroupements géographiques d’organisations, en entretenant des relations étroites entre elles, notamment dans des activités de R&D, impactent positivement le niveau d’innovation et le développement économique local et national. Les travaux scientifiques pointent en particulier les possibles effets de ces politiques de cluster sur les bénéficiaires des dispositifs, mais aussi plus largement sur les territoires, via un ensemble d’externalités pécuniaires et de connaissances, médiatisées par la proximité géographique et relationnelle. Les pôles de compétitivité articulent ainsi deux dimensions fondamentales :
• la dimension spatiale car la proximité géographique faciliterait la diffusion de connaissances au sein d’un groupe d’entreprises et/ou de laboratoires. Dans la réalité, les configurations spatiales des pôles de compétitivité sont très diverses. Alors que pour certains pôles, les entreprises adhérentes sont concentrées quasi-exclusivement sur une seule région, pour d’autres, une forte dispersion est observée avec une localisation sur un grand nombre de régions françaises.
• la dimension résiliaire car la proximité sociale ou relationnelle créée par les relations de coopérations entre acteurs de l’innovation pourrait avoir, à l’instar de la proximité spatiale, un rôle de facilitateur de diffusion de connaissances, y compris entre acteurs situés à distance. Sur cette dimension aussi, la configuration des pôles est très différente tant sur la nature des acteurs impliqués que sur la structuration même des réseaux. En effet, certains pôles se caractérisent par une prédominance d’acteurs de type privés (et en leur sein une prédominance ou non de PME) tandis que d’autres se caractérisent par un plus grand équilibre entre laboratoires publics et entreprises.

L’objectif est de réaliser une analyse et une mesure des impacts économiques et territoriaux directs et indirects des pôles de compétitivité dans les territoires.

Dans le cadre de cette politique, deux types d’effets étaient escomptés :
• Des effets directs sur la performance des entreprises avec un accroissement de leur compétitivité, de leur activité, de leur capacité à exporter et de l’emploi ;
• Des effets indirects sur les territoires par le jeu des externalités.

Dans cette étude proposée, l’analyse de l’impact est proposée :
• A une échelle micro-économique pour percevoir les effets sur la performance des entreprises ;
• A une échelle territoriale pour mieux appréhender la dynamique créée, et mesurer le rôle que peuvent jouer les territoires comme facteurs amplificateurs des retombées qui découlent des pôles de compétitivité.

Néanmoins, les indicateurs d’impact ne peuvent pas être dissociés des indicateurs de caractérisation : un pôle de compétitivité peut revêtir des formes très diverses et l’impact sur le territoire ne sera pas le même selon ses caractéristiques propres. L’approche comparative doit permettre de positionner les pôles de compétitivité entre eux et de mieux comprendre les différences de performances, en fonction des caractéristiques inhérentes aux membres (statut, taille, secteur d’activité, etc.) et aux modalités de coopérations (intensité et nature des coopérations, etc.).
Le cahier des charges évoque dans les objectifs la caractérisation des entreprises membres des pôles. La caractérisation doit aussi reposer sur des éléments autres tels que la dynamique des réseaux au sein de ceux-ci.

L’analyse peut ainsi être découpée en trois temps :
• La caractérisation des pôles.
• L’impact direct des pôles sur la performance des entreprises.
• L’impact indirect sur les territoires, et le rôle amplificateur de ces mêmes territoires sur les effets constatés.

Dans les dynamiques d’innovation, un facteur fondamental repose sur le niveau de capital humain. Ainsi, la définition d’un territoire d’un pôle de compétitivité à partir du volume d’e